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Planches permanentes, archéologie de la démarche agronomique

Le but : la structure du sol

C’est bien connu : les passages des roues de tracteur tassent les sols… et pourtant on s’en sert ! Pour supprimer les problèmes liés au tassement des sols par le tracteur, on a donc le choix :

  1. soit ne pas travailler avec un tracteur,
  2. soit rouler toujours au même endroit et ne jamais cultiver de légumes là où les roues du tracteur ont roulé.

 

C’est d’une telle évidence qu’on peut se demander pourquoi nous n’y avons pas pensé plus tôt.

Seconde évidence : pour limiter les conséquences du travail de sol, très fréquent en maraîchage [1]et particulièrement en maraîchage intensif, mieux vaut utiliser des outils peu violents.

Mais ces évidences n’ont pas été si faciles que ça à mettre en œuvre : n’existaient ni les outils, ni les références techniques.

Nous nous sommes lancés dans ce système de travail de sol chez nous progressivement dès le début des années 2000 avec l’appui des techniciens du groupement, à l’initiative de Roger Raffin, technicien maraîchage du Rhône.

Photo de Roger Raffin en appui technique à Pascal Pigneret au début du Biau Jardin de Grannod
2001. Roger Raffin en appui technique à Pascal Pigneret au Biau Jardin de Grannod

Il a fallu s’inventer les outils nécessaires

Le groupe de travail PP

Les structures professionnelles de l’agriculture ont mis en place les premiers essais

  • chez des maraîchers Bio de l’Isère confrontés aux conséquences de l’intensification qui expérimentaient avec un protocole financé sur 10 ans
  • et en stations d’essai.

 

Et sur Rhône-Alpes s’est créé le « groupe de travail planches permanentes » (PP) qui organisait notamment une réunion à peu près tous les 18 mois de maraîchers lancés dans cette aventure, de techniciens suivant le processus, etc… Au programme, échanges en salle et/ou sur le terrain, autour des méthodes, résultats, projets, échecs…

vue de techniciens et maraîchers avec un agronome dans une coupe de planche de poireau

Des situations diverses

Il fallait adapter à cette nouvelle technique nos matériels travaillant à l’origine la largeur du tracteur voire plus. Chacun selon ses propres conditions et objectifs : type de terre, avec ou sans cailloux, largeur des planches, hauteur souhaitée de la butte, etc…

Le tout bien sûr en fonction de la qualité de son atelier mécanique… et de ses compétences ferraille !

Pour avoir la certitude que les planches restent toujours exactement au même endroit au fil des ans, diverses solutions de repères fiables et durables ont été mises en œuvre, selon les fermes :

  • installation de «bornes» métalliques régulièrement réparties,
  • mise en place de bandes fleuries pluri-annuelles.

Sur notre ferme : démarrages

Grâce aux bandes fleuries

La conversion aux PP a été facilitée par l’implantation préalable des bandes fleuries. Elles nous ont permis, au delà du bénéfice pour les auxiliaires, de sécuriser la transition en figeant « définitivement » la place de chaque planche.

Une planche entière aussi large et longue que ses voisines, mais

  • fleurie,
  • en place plusieurs années de suite,
  • sans travail de sol,
  • donc vraiment fixe,
  • donc un repère très fiable.

 

Le Biau Tractoriste, pas trop sûr de lui, avait ainsi un « mur » qui empêchait les « dérives » dans son travail de sol de se cumuler . [2]3 cm sur une planche, ça n’est rien. Si ça se cumule sur 10, on mange une planche 🙁 Ce système nous a permis d’abandonner le « travail à la suite » au bénéfice de la « logique symétrique » pour minimiser au mieux les glissements. Et les dévers avec la butteuse !

photo d’une grande parcelle divisée en petits carrés de culture par des bandes fleuries permanentes

L’implantation de bandes fleuries, aura chez nous été l’outil facilitant le « passage à l’acte » 🙂  de saut dans l’inconnu qu’était à l’époque le travail en PP. Notamment en rassurant le mental du Biau Tractoriste…

Supprimer des bêches

N’ayant jamais labouré de sa vie, le Biau Jardinier n’a pas eu besoin de sevrage. Ni de revendre une charrue : il n’en possédait pas…

Il a donc commencé l’aventure du travail de sol en PP plutôt simplement : en supprimant les pelles extérieures de la bêcheuse alternative, celles qui travaillaient le passage de roues. Cette simple modification a permis d’avoir d’un peu meilleures allées permanentes : un peu plus stables, donc un peu plus fiables.

Mais pour ce qui concerne la fabrication des outils nécessaires, le début a été très très TRÈS laborieux. Gravement sous-compétent en mécanique, le Biau Jardinier a pas mal souffert.

Sur notre ferme : bidouillages

Récup. à butteuse

​Il a aussi utilisé de vieux outils, facilement trouvés d’occasion, qui avaient été utilisés un peu partout à une époque pas si lointaine.

Cadre à barres

Outil TRADI existant

Parfois appelé « cadre Gard » (du nom de son fabricant), ou « barbentane » (du nom de sa région d’origine), c’est un outil répandu dans le Sud. Tant chez pas mal de maraîchers que chez les arbos qui cultivaient des légumes entre des rangs d’arbres fruitiers, prune par ex. [3]ça ne s’appelait pas encore « forêt permacole nourricière » puisque les marchands de communication n’avaient pas encore senti le filon

Et bien sûr chez les viticulteurs qui buttaient, dé-buttaient et griffaient leurs vignes toute l’année avec cet outil simple, robuste et polyvalent. Avec un buttoir central et 2 voire 3 paires de charrues. C’est en intervertissant leurs places que les vignerons du Midi chaussent leurs vignes, puis les déchaussent.

Cet outil a l’inconvénient d’être une charrue.

panneau de signalisation de chantier danger travaux

Outil adaptable

Mais comme les socs sont de petite taille, sans rasette et souvent sans prolonge-versoir ça ne bouleverse pas trop le sol. À noter que sur une charrue, si un versoir n’est pas boulonné d’origine pour un démontage facile, une meuleuse est très capable de le supprimer sans frais si besoin ! [4]dans ce cas ne pas oublier de ranger le morceau de ferraille ainsi récupéré dans le stock de minerai de bricolage

L’avantage supplémentaire du cadre est qu’il peut d’origine servir à d’autres usages si on remplace les charrues par des dents – existantes – de divers modèles : à ailettes, cotes de melon, plus ou moins déportées, etc…

Outil disponible

Un outil assez polyvalent que les jeunes maraîchers en cours d’installation auraient grand bénéfice à aller chercher dans les zones où ils étaient très communs il y a seulement 30 ou 40 ans. Il suffit de se déplacer… ce qui est bien abordable quand on est équipé d’un fourgon pour aller vendre sa production . Mais le Biau Retraité a eu souvent la tristesse de constater que les jeunes installés étaient parfaitement convaincus qu’ils n’avaient « pas l’temps » pour aller voir ailleurs pour s’y former, se renseigner, s’équiper, observer (au sol, sans vidéos), échanger avec les collègues. Et cela lui semble fort dommageable. Pour eux ! Ma foi..

Butteuse à asperges

Outil TRADI existant

Outil anciennement utilisé par les producteurs spécialisés du département, notamment dans les sables de Sassenay. À l’époque où ils étaient nombreux, c’est à dire avant le grignotage de ces magnifiques terres sableuses et arrosables par les maisons individuelles.

photo d’ancienne butteuse à asperges montant ses premières planches permanentes expérimentales

Outil adaptable

Ce modèle correspondait bien à notre objectif de ne pas monter de buttes trop hautes (nos sols de Val de Seille n’en ont pas besoin). Il avait le mérite

  • d’exister « tout fait » (suffisait d’aller le chercher chez son ancien propriétaire),
  • de n’avoir pas coûté grand chose,
  • d’avoir permis la rencontre d’un professionnel avec qui les échanges ont, comme le plus souvent dans ce genre de circonstances, été fructueux.

 

Les inconvénients de ce modèle étaient :

  • des disques de petit diamètre,
  • d’être un matériel conçu pour du plus petit travail dans des terres plus légères.

 

L’utilisation avec le nouveau tracteur, plus puissant, a fini par lui être fatale… à force de casse et de pièces tordues. Mais il aura quand même servi jusqu’à l’autoconstruction de son remplaçant « définitif » !

Fouilleuse à cultibutte

Outil « TRADI BIO » existant

En guise de « cultibutte potentiel » le Biau Jardinier a modifié un vieil outil existant dans sa cour : le châssis d’une vieille « fouilleuse » mono-poutre de la première génération.

Cette fouilleuse, le Biau Jardinier l’avait achetée d’occasion dans la fin des années 70 à un éleveur bio en fin de carrière. L’outil disposait d’un jeu de dents rigides avec socs/ailettes (dites dents «déchaumeuses») et un jeu de dents rigides sans soc (dites dents «sous-soleuses»).

Pour la petite histoire, ou pour les amateurs d’archéologie humaine et / ou mécanique, on peut voir par ici quel fut le succès de la descendance mécanique de la fouilleuse.

Outil adaptable

Pour l’adapter à notre projet de planches permanentes, il a donc fallu :

  • ajouter des poutres pour espacer assez les dents et limiter le bourrage,
  • ajouter des disques de buttage pour le travail superficiel des allées, remonter la terre fine de l’allée, et former le bord de planche,

vue d’ensemble de la fouilleuse modifiée pour travail en planche permanente

  • installer deux réglages assez fiables :
  1. à l’arrière chandelle pour le réglage du rouleau de terrage de la profondeur de travail sur la planche
  2. à l’avant roues de jauge à réglage vissant reprises d’une ancienne effeuilleuse à betterave fourragère.

 

C’est ainsi qu’est né notre OVNI à planche permanente.

photo de la fouilleuse martyrisée par plusieurs aménagements pour travail en planche permanente

Mais faute de compétences, les réglages étaient trop laborieux pour que la solution soit viable sur la durée. En effet, il fallait modifier par boulons la hauteur des disques d’allée lors de chaque modification de la profondeur du travail des dents droites ou de l’utilisation avec les dents à ailettes.

vue de face de la fouilleuse avec ses dents scalpeuses à ailettes

Outils insuffisant

De plus, le Biau Jardinier savait bien d’expérience que les dents droites et rigides ne sont pas les mieux adaptées au type de travail que nos sols bressans de bord de Seille demandent. Mais… elles étaient disponibles sur la ferme et ont donc été utilisées. Faute de mieux. Mais c’est une raison qui ne suffisait pas à en justifier agronomiquement l’utilisation !

Bref…

  • pour ameublir la planche, les dents souples manquaient cruellement
  • pour garantir un réglage fin adapté, la souplesse mécanique manquait aussi !

 

C’est le charme de l’expérimentation : on se rend très bien compte 🙂 … de ce qui ne va pas 🙁

Et « en même temps », on peut continuer l’aventure, et (peut-être) progresser dans notre pratique bio expérimentale.

photo d’un de nos essais de fouilleuse en reprise de planche montée à la butteuse à asperge

Bricovibro à planches

Outil TRADI existant

Une fois la planche montée à la butteuse à asperges puis ameublie sur tout son profil par la fouilleuse modifiée, la finition se faisait au vibro.

Un vieux modèle de vibroculteur, de largeur très classique, était dispo sur la ferme. Le Biau Jardinier a là aussi décidé de partir de ça, qu’il connaissait déjà un peu.

Outil adaptable

Ce vibro a d’abord été réduit en largeur pour s’adapter au format de la planche. Ainsi que en longueur pour éviter de trop «pulvériser» la terre de surface. Des disques réglables – par boulon – ont été fixés à l’avant du bâti pour remonter la terre des allées. Pour limiter les retombées de terre fine dans l’allée, le Biau Jardinier avait fait avec ses «compétences» en soudure : une planche fixée aux dents du bord avec 2 bouts de fil de fer !

Quelques années plus tard, « investissement »… dans deux tôles pliées, soudées aux dents extérieures (et miracle, çà tenait environ la saison !).

photo du vibro bricolé pour travail en planche permanente et option semoir engrais vert

L’ajout d’un vérin hydraulique au rouleau arrière de finition a grandement facilité le réglage.

Outil insuffisant

Donc finalement toujours les mêmes inconvénients :

  • difficulté à modifier le réglage de profondeur des disques avant
  • donc problèmes pour maîtriser le binage de l’allée.

 

C’est cet outil qui a ensuite été complété (voir photo ci-dessus) par

  • un bâti support pour semoir à l’avant
  • des descentes sur le rouleau
  • une herse étrille supplémentaire à l’arrière

de façon à faciliter aussi les semis des engrais verts.

Sur notre ferme, morale de l’histoire ?!

Ces quelques années ont bien démontré au Biau Jardinier

  • qu’il avait eu raison d’oser
  • qu’il s’était bien amusé
  • que l’affaire n’était pas au bout
  • que cette agronomie était pleine d’avenir
  • qu’il avait gros besoin de formation ferraille.

On a pu y aller !

Cette série de «bricolages merdouilloux» nous a permis

  • de démarrer notre recherche/défrichage dans cette technique « innovante »
  • de commencer à progresser chez nous dans le travail en PP
  • de profiter précocement de beaucoup des avantages de cette pratique.

Et c’était déjà pas si mal !!!

Et puis, par exemple, la fameuse bêcheuse alternative avait pu enfin être remisée quasi définitivement sous l’auvent, tout au fond… bien tranquille !

Fallait s’former !

Quand on sait pas yaka apprendre

Tout cela avait permis d’avancer dans la pratique des planches permanentes, bien sûr. Mais le Biau Jardinier était bien incapable de concevoir en détail et réaliser seul TOUTES les modifications nécessaires. Sa pratique avait démontré que c’étaient ses propres limites de compétences en travail de la ferraille qui empêchaient une partie de l’amélioration agronomique de ses outils.

Conclusion : il avait vraiment grand besoin de se former en connaissance de matériau, soudure, perçage, etc…

Le cultibutte Joseph

Concernant la mise au point des outils, et donc leur usage, c’est bien évidemment Joseph qui avait été le plus performant dans cette aventure…

Associé avec Régine et Denis, «bricoleur» polyvalent et maraîcher compétent donc paysan efficace, il a très vite construit à partir d’un vieux châssis et différentes pièces de récupération un premier outil qu’il a amélioré au fil des saisons. Roues de terrage du bâti avec dents, triangle d’attelage rapide, et bien sûr de l’hydraulique pour l’ergonomie au travail lors des réglages.

photo du cultibutte historique des Jardins du Temple

Car le coup de génie avait été de concevoir un outil double et articulé.

La deuxième partie, dédiée exclusivement au travail des allées et à la finition, étant articulée, ses réglages de profondeur sont complètement indépendants de ceux de la partie travaillant la planche. Et « automatiques »… par un principe de buttée passive.

photo du châssis arrière complètement articulé du cultibutte historique

Adabio Auto Construction

Auto-construire comment ?

Dans le cadre de l’ADABIO a été mis en route un projet de diffusion de ce matériel, bientôt élargi aux autres « inventions » que chacun peut réaliser « dans son coin ». Un technicien machinisme, Thibault, a été embauché pour les besoins de la cause : éditer les plans précis des divers matériels que les maraîchers ont mis au point chez eux pour répondre à leurs différents besoins (travail du sol, confort de travail, etc…). Besoins auxquels ne répond le plus souvent pas l’offre de matériel des fournisseurs.

Des visites d’échanges techniques autour des matériels existants et leurs éventuelles transformations sur les fermes ont été organisées. Certaines ont été l’occasion pour tout un chacun d’apporter les petits outils et autres bricolages maraîchers qu’il avait réalisé pour les partager avec les collègues.

photo d’une journée d’échange autour des outils maraîchers adaptés et autres bricolages maison

Premier stage !

C’est ainsi qu’a été mis sur pied pendant l’hiver 2010 / 2011 le premier stage de formation technique à l’auto-construction. Il s’agissait d’apporter aux paysans une formation technique suffisante pour se lancer dans la construction des outils dont ils ont besoin.

logo couleur terre et prairie de l'association Adabio auto construction

Auto-construire comment ?

En réalisant collectivement et avec l’aide de Joseph et Thibault des « cultibutte » sur le modèle de celui que Joseph avait entièrement refabriqué à partir de son « original » dans le but d’en faire un outil reproductible.

photo de la mise au propre du cultibutte de Joseph comme repère de référence lors du premier stage

Une commande groupée de ferraille

vérins, boulonnerie, etc… a été organisée pour que chacun des stagiaires qui le souhaitait puisse repartir avec un outil entièrement construit. C’était ensuite un stage programmé sur 5 jours consécutifs dans l’atelier de mécanique d’une maison familiale de l’Isère. La cantine de l’internat nous a fourni pour les repas de midi, une nourriture…  🙁  que les maraîchers bio n’ont pas vraiment l’habitude de consommer

Et un atelier loué

Nous avons eu accès à des conditions de travail en atelier

photo des stagiaires en plein travail dans l’atelier loué de la maison familiale

et à du  matériel

photo d’une des perceuses à colonne de l’atelier de Mozas

que chacun n’a pas forcément chez soi.

photo d’une case de soudure bien équipée

Et même à quelques rayons de soleil pour admirer un magnifique platane, quand les maraîchers, qui sont gens de plein air, avaient le besoin de sortir quelques instants de « l’usine »… et pas tous pour fumer !

photo du magnifique platane de la cour de la maison familiale

De « vrais » plans

A partir des plans faits par Thibault, les paysans ont réalisé les séries de pièces nécessaires, sous l’œil attentif et patient des encadrants.

fabriquées par les stagiaires

Acquisition de compétences

Bien sûr, les premières soudures, les premières coupes n’étaient pas superbes, il a fallu retoucher, meuler pour recommencer parfois…

photo de stagiaires apprenant la soudure en soudant les outils de tous

Mais en général, à force de conseils et d’obstination, il est bien rare que chacun n’arrive pas à acquérir de nouvelles compétences !

photo d’une bien belle soudure réalisée par les stagiaires

…surtout avec le parrainage du père du cultibutte, très heureux de voir son enfant reproduit dans une telle ambiance d’autogestion collective, aussi studieuse et efficace que bio et chaleureuse. Parce que franchement, vous en connaissez un qui peut continuer à souder de travers quand l’œil de Joseph, avec son masque de soudure «tuné» observe le boulot par dessus son épaule et que la voix commente et conseille au creux de son oreille ???

photo d’une bien belle soudure réalisée par les stagiaires

« Production » de cultibuttes

Les premiers éléments complets ont rapidement vu le jour. Mais il fallait tenir le planning de ces 5 journées, ce qui fit naître chez Joseph une inquiétude exprimée régulièrement, ensuite devenue rapidement notre « jingle » collectif et quasi traditionnel : « putain les mecs, on est mal !!! »

photo d’une série d’éléments de cultibutte déjà assemblés

C’était un peu le stress de la production industrielle ; et il fallait pourtant ne pas oublier de travailler en sécurité, et mettre toutes les protections, notamment les gants… 🙂

photo sur un établi de cannettes de bière bio vidées sans gants

Et le vendredi dans l’après midi, le contrat était rempli.

photo des éléments de cultibutte classés pour que chacun ait tout le nécessaire en partant

Il restait assez de temps pour le nettoyage de l’atelier et le bilan de la formation. Le soir, chacun a pu repartir sur sa ferme avec de nouveaux savoir-faire, et toutes les pièces pour monter son cultibutte…

photo de 4 maraîchers nécessaires pour porter les éléments de cultibutte dans le fourgon de chacun

accompagné des ultimes éclaircissements de montage et conseils d’utilisation issus de la pratique de Joseph. Conseils qui faisaient fonction, et au delà, de guide de montage de meuble à design scandinave et production délocalisée.

photo de Joseph détaillant les dernières explications de montage

Belles rencontres

Ce premier stage d’autoconstruction fut une belle semaine, riche de réalisations et de rencontres, agréables et enrichissantes. Une semaine valorisante pour tous les participants. Le constat à nouveau que chacun peut se prendre en charge et que l’action collective fait progresser. Une semaine à laquelle le Biau Jardinier n’aurait pas eu le plaisir de participer sans la compréhension et le soutien des abonnés qui se sont vus privés de leur panier hebdomadaire de légumes !

Le groupe des premiers cultibutteurs auto-constructeurs a bien évidemment immortalisé le souvenir de ce tout premier stage d’auto-construction, qui, bien évidemment aussi, ne manquerait pas d’entrer dans l’Histoire [5]l’histoire avec une grande Hache, disait Georges Pérec  🙂 et bien sûr leur permettrait de récolter gloire médiatique dorée, sonnante et trébuchante.

photo des participants au premier stage Adabio d’autoconstruction de cultibutte février 2011

Tout le monde se promettant que ce serait gâcher qu’une aussi belle aventure ne se diffuse pas plus largement. Une manière de prendre date. De tous les points de vue donc, le cultibutte, c’est une belle aventure humaine !

Et sous la houlette des animateurs locaux du réseau bio, a été créée l’association Adabio Auto-Construction pour la diffusion de l’idée, l’organisation de stages, la publication du guide de l’autoconstruction, présenté en réunion publique à Grenoble début 2012, etc…

affiche du meeting début 2012 de présentation du Guide de l'autoconstruction d’une dizaine d’outils

Le site Adabio Auto-construction a été mis en ligne

page d’accueil du site Adabio Auto-Construction diffusant le guide que nous avions conçu

et dans un but principal de diffusion parmi les professionnels, des démonstration de nos outils,

photo des démonstrations des outils planche permanente auto-construits à Tech&Bio 2013

des conférences sur la démarche, etc…

photo Tech&Bio 2013 Pascal Pigneret (Biau Jardin de Grannod) et Joseph Templier (Jardins du Temple)

Et autres activités de développement réalisées par des salariés. Puis a pris corps l’association de préfiguration d’une coopérative d’auto-construction

photo de classe de l’équipe bénévole et des salariés de l’auto-construction

qui finalement s’est professionnalisée au printemps 2014 par la création de la SCIC SARL l’Atelier Paysan.

* * * * *

Passer en PP maintenant

Passer au travail en planche permanente de façon confortable, c’est au fond maintenant assez facile. Et des référentiels techniques existent. Il suffit de disposer de la gamme des 4 outils. Ils peuvent s’acheter à frais raisonnables auprès de l’Atelier Paysan :

  • soit dans le cadre de formations de 5 jours pour y acquérir les compétences
  • soit « en Kit » prêts à souder dans son propre atelier à la ferme.

 

Évidemment tous équipés de la bascule à triangle d’attelage rapide qui permet de gagner en confort et en rapidité, on pourra

  • se lancer dans l’autoconstruction de « la bande des 4 »
  1. la bascule à triangle, pour la souplesse et la simplicité => tous détails illustrés ici
  2. la butteuse à planche, pour «monter» la planche => tous détails illustrés ici
  3. le cultibutte, pour structurer tout le profil de la planche => tous détails illustrés ici
  4. le vibroplanche, pour obtenir un bon lit de semence => tous détails illustrés ici

 

  • voire se lancer dans d’autres pratiques paysannes inovantes, notamment  l’expérimentation du roloflex => plein de détails ici.

* * * * *

References
1 et particulièrement en maraîchage intensif
2 3 cm sur une planche, ça n’est rien. Si ça se cumule sur 10, on mange une planche 🙁
3 ça ne s’appelait pas encore « forêt permacole nourricière » puisque les marchands de communication n’avaient pas encore senti le filon
4 dans ce cas ne pas oublier de ranger le morceau de ferraille ainsi récupéré dans le stock de minerai de bricolage
5 l’histoire avec une grande Hache, disait Georges Pérec
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