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Planches permanentes, monter des buttes sur terre à plat

Le Biau Jardinier vient de créer de nouvelles planches permanentes : dans les terres en fin de conversion après deux années d’engrais vert pluriannuel. Nouvelles terres, donc buttes montées à partir d’une terre «à plat».

photo de la parcelle couverte de son engrais vert pluriannuel type prairie temporaire

 

Partir d’un terrain «à plat»…

Monter des planches permanentes à partir d’un terrain «à plat»… il y avait bien longtemps que les Biaux Jardiniers n’avaient pas fait çà, mais ils se souvenaient comment faire… Et dans un tout premier temps, il a fallu choisir où !

 

Choisir les lieux…

Il fallait placer chaque carré au «bon» endroit agronomique. En fonction de la topographie de la parcelle (orientation, pentes, ombres, fossés, bosquets, rigoles, haies, pratique du travail, etc…) le Biau Jardinier avait décidé des emplacements sur lesquels il souhaitait installer ses carrés de légumes de plein champ.

  • Rappel 1 : en langage maraîcher traditionnel, le «carré» est une parcelle de la terre du jardin qui sera cultivée d’un ensemble «homogène» de cultures, et le «carré» est une unité de culture (pourquoi ce format de carré ?).
  • Rappel 2 : les rangs étant potentiellement d’une taille différente de la largeur totale du carré, le carré est en fait un parallélogramme.
  • Rappel 3 : et sachant que chaque carré a vocation à être composé de planches réellement parallèles, et de rien d’autre notamment pas de «pointes» délaissées, et bien il faut que chaque carré soit… «bien carré» … Il y a donc besoin d’angles-droits-vraiment-bien-droits.
  • Conclusion 1 : il ressort de tout cela que le «carré» est le plus souvent un rectangle… C’est clair ? 🙂
  • Rappel 4 : il fallait aussi ne pas déchaumer les allées entre les carrés pour préserver la biodiversité de leur joli couvert végétal. Une partie de ces allées servira d’accès aux divers «carrés». Qui sont des rectangles, mais on se comprend !
  • Rappel 5 : il fallait prévoir et dimensionner les allées en bout de planches pour garder assez de place pour des manœuvres confortables et rapides, sur du terrain stable car non travaillé.
  • Conclusion 2 : fallait prendre le temps de ne pas se planter… les maraîchers, traditionnellement, c’est plutôt leurs légumes qu’ils souhaitent planter !

 

Piqueter

Les Biaux Jardiniers avaient donc commencé le travail par un piquetage soigneux, mais cette fois-ci, pas besoin de décamètre et ficelle pour vérifier les habituels équerrages par le «truc du 3/4/5», le Pythagore des travailleurs du bâtiment. Cela a été rapidement mené : Romaric avait tracé des parallèles à l’écartement voulu avec le système de guidage GPS du tracteur de Fabien (techno satellite !), points immédiatement matérialisés grâce à massette et piquets (techno ferraille «en même temps» !)…

Les Biaux Jardiniers ont ensuite pu équerrer et identifier les longueurs.

Suffisait alors pour débuter le travail que l’un se place à une extrémité en repère bien visible de loin et ainsi puisse si besoin faire signe de corriger la trajectoire du tracteur au travail, équipé de son vieux rotovator. Les grandes allées séparant les carrés ont commencé à apparaître, les Biaux Jardiniers ont pu se dire : «çà y est, on voit où on est».

photo du pré divisé en carrés égaux par un premier passage de rotovator les bordant

Déchaumer

Rotovator

Les Biaux Jardiniers ont réalisé le premier épisode du déchaumage avec un double objectif :

  • dans les carrés déchaumer l’engrais vert de façon à en initier l’assimilation de feuilles et racines par l’activité microbienne du sol et l’aération.
  • garder comme futurs chemins de manoeuvre en bout de planche et de circulations entre les différents carrés ce bel engrais vert pluriannuel riche de biodiversité, ce qui facilitera le travail et limitera l’érosion par les roues

 

Ils ont utilisé leur petit rotovator largeur de planche, un matériel acheté neuf en… 1983…

photo du rotovator quadragénaire en déchaumage de prairie temporaire

Quand on l’utilise

  • en conditions assez sèches (moins de risques de lissage),
  • pour un premier travail de sol (donc avant d’autres outils et surtout pas pour une finition avant semis…), et
  • dans un milieu bien structuré par le système racinaire d’un engrais vert bien implanté…

 

… le rotovator est un outil plutôt bien adapté au déchaumage : il fonctionne avec une très bonne efficacité en un seul passage. L’outil neuf est à portée de la bourse du petit maraîcher diversifié. Mais… le rotovator est :

  • un outil étroit (donc nombreux passages),
  • un outil rotatif (donc avancement assez lent).

 

Conclusion : «Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage» … comme l’écrivait Jeannot.

photo du déchaumage aéré d'engrais vert pluriannuel avant de monter les planches permanentes

Vibro de reprise 1

Deuxième épisode, une semaine plus tard : le Biau Jardinier faisait – par temps sec prévu pour se maintenir plusieurs jours – un rapide passage superficiel d’un vibroculteur large pour «calmer» celles des mottes de l’engrais vert pluriannuel déchaumé qui pouvaient être en cours de reprise.

photo du premier passage de vibroculteur pour reprendre le déchaumage du terrain

Les Biaux Jardiniers sont, en plus évidemment de leur «vibroplanche autoconstruit de la première génération», à la tête d’un «gros parc» de vibroculteurs larges adaptés au travail «à plat» : des matériels de diverses largeurs, montés avec différents types de dents et socs, tous achetés localement, d’occasion. Et à bas prix. Quelques boulons, baguettes de soudure, voire remplacements de dents suffisent à les remettre en service. Mais pas que ! car pour le confort et la rapidité d’attelage, il faut aussi compter l’investissement supplémentaire dans un triangle d’attelage rapide et plusieurs baguettes de soudure et petites chutes de ferraille issues du stock rangé dans un coin : soit même pas cinquante euros par outil… et un peu de temps d’atelier pour grandement se faciliter la vie… chaque fois que l’on a besoin d’atteler un vibro : pour s’en servir !

Le vibro nous semble un bon outil complémentaire de reprise de déchaumage pour réduire les touffes récalcitrantes, et dans différents usages, sachant notamment qu’avec la même puissance de tracteur on peut en «tirer» un plus large si on a besoin de travailler encore plus superficiellement. C’est alors autant de temps de gagné !

 

Vibro de reprise 2

Et une nouvelle semaine plus tard, deuxième épisode déchaumage : le numéro 3, donc. Comme il était tombé quelques jours avant 20 litres d’eau du ciel par mètre carré de terre déjà travaillée, l’occasion était trop belle : le Biau Jardinier en profitait pour travailler une nouvelle fois au vibroculteur pour défaire les mottes et déranger les graines d’adventices potentiellement en cours de germination.

photo du deuxième déchaumage "à plat" avant et en plein avant de monter les planches à la butteuse

Et ça faisait vraiment duboboulo ! Aaahhh, oui, une bonne pluie de temps en temps, comme c’est bien !

 

Pour monter les planches…

Finalement quelques jours plus tard, les conditions étaient favorables pour monter les planches permanentes dans les différents carrés. La première étape à donc consisté à marquer leurs places.

 

Marquer les allées

Pour fixer précisément l’emplacement des futures planches permanentes, le Biau Jardinier a fait un passage de tracteur «à vide» roue dans roue. Ça n’est pas de la technologie GPS, et pour un résultat correct, il est recommandé de ne pas se laisser mettre «en veille» par la répétition,

photo du passage "à vide" pour marquage des futures allées par les roues

d’éviter d’être surpris par le téléphone, etc… Mais çà donne des repères fiables, et les satellites peuvent se reposer ou faire autre chose… Le Biau Jardinier, lui, il s’obstine : traçage dans un sens, puis traçage retour, et ainsi de suite sur tout le carré peu à peu, d’un bord à l’autre :

«Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage» … comme l’écrivait Jeannot.

photo du marquage des futures allées sur tout le carré avant de monter les planches

On arrive ainsi à marquer l’emplacement réel des futures allées permanentes sur lesquelles rouler pour travailler. Cela donnera un repère fixe tous les mètres cinquante environ, et donc de travailler sans risque de dévier à la longue par accumulation de petites dérives : un glissement d’un ou deux centimètres répété à chacune des 16 planches du carré, ça finit par faire un déménagement de la largeur d’une allée !

 

Butter les planches

Pour monter ses planches, le Biau Jardinier a bien évidemment attelé (rappel : en un clin d’œil, sans peine ni risque grâce au système triangle…) sa «butteuse auto-construite de la première génération». Elle a plus de 10 années de bons et loyaux services à son actif puisqu’elle date du premier stage butteuse organisé par Adabio Auto Construction en décembre 2011 (article d’époque pour amateur-e d’archéologie). Son prix de revient annuel s’approche ainsi tranquillement de celui du vieux rotovator, peu à peu !

«Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage» … comme l’écrivait Jeannot.

photo de la butteuse Adabio AutoConstruction 2011 exposée sur le pré, ses disques et lourd bâti

Concernant l’utilisation de sa butteuse, le Biau Jardinier a évidemment pratiqué le buttage alterné habituel de façon à éviter de créer en dévers gênant pendant son travail.

photo des carrés une planche sur deux montée alternativement

Et il a monté ses nouvelles planches permanentes au fur et à mesure, dans chaque carré, peu à peu.

photo des carrés de maraîchage en planches permanentes montées avec la butteuse

Bien sûr, çà dure un peu, mais un petit peu seulement puisque comme tous les outils conçus pour le travail en planche permanente, la vitesse d’avancement adaptée est assez élevée. Et puis ça n’est pas tous les jours qu’on met en culture à partir d’une parcelle «à plat» et monte 10 carrés complets de planches permanentes à la queue leu leu…

Donc… «Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage» … comme l’écrivait Jeannot.

photo du résultat du travail à la butteuse pour monter des planches permanentes hautes et aérées

Le Biau Jardinier cherchait une préparation de sol assez grossière

photo de détail d’une butte assez grossière pour garder la structure aérée

pour former une butte bien aérée qui le resterait même en cas de pluie, et dans laquelle la masse végétale de l’engrais vert pluriannuel trouverait un milieu favorable pour être assimilée rapidement.

 

Et ensuite ?

Et bien la suite dépendra du temps des jours à venir, de l’évolution des engrais verts incorporés comme de celle de la terre des planches nouvellement buttées, terre que le Biau Jardinier ne connaît pas encore vraiment après seulement deux années de mise en valeur, etc… Et les buttes étant installées, le Biau Jardinier revient en « terrain » connu :

Pour décider des futures actions à entreprendre, et avec quels outils retravailler les buttes avant la mise en culture de ces nouvelles planches, il suffira de prendre le temps de les observer régulièrement et de réfléchir à ce que l’on en comprendra. Pour ensuite risquer de faire…

Donc finalement : la terre décidera, le paysan réalisera. Comme d’hab !

 

Morale

«Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage» … comme l’écrivait Jeannot.

 

(à suivre)

  • À suivre… sur le terrain du Biau Jardin de Grannod
  • À suivre… sur le site du Biau Jardin de Grannod « au jour le jour« … Bonne lecture !

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Les planches permanentes sur la base de connaissances de Ça se cultive point fr :

  1. archéologie de la démarche => tous détails illustrés ici
  2. la bascule à triangle, pour la souplesse et la simplicité => tous détails illustrés ici
  3. la butteuse à planche, pour «monter» la planche => tous détails illustrés ici
  4. le cultibutte, pour structurer tout le profil de la planche => tous détails illustrés ici
  5. le vibroplanche, pour obtenir un bon lit de semence => tous détails illustrés ici
  6. de la culture à plat au système planche permanente => plein de détails de terrain ici
  7. expérimentation du ROLOFLEX => plein de détails ici.

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