Précisions
Pomme de terre nouvelle, pomme de terre précoce, pomme de terre de conservation, la culture est grosso modo assez équivalente, hors dates de plantation/récolte bien sûr, et quelques « tours de mains ».
Pour éviter les redites, nous détaillons notre manière générale de cultiver la pomme de terre dans cette fiche-légume ci. Les particularités sont éventuellement illustrées dans les fiches-légume correspondantes.
Préparation des planches
L’engrais vert hiverné précédant la plantation a été broyé, puis déchaumé. Du fumier composté a été apporté en surface. L’incorporation a été réalisée par un passage de butteuse.
Quelques semaines plus tard, la préparation des planches permanentes commence : par la fissuration de la planche avec le cultibutte

et se prolonge par des faux semis pour lutter précocement contre les adventices, puis se termine par un éventuel travail de finition= avec l’outil adapté aux conditions du moment.
Plants et plantation
Le problème des plants
Nous achetons nos plants de pomme de terre, bien évidemment en Bio, en les retenant, avec quelques collègues, dès l’automne précédent la culture pour obtenir
- les variétés désirées
- dans les calibres souhaités.
Ça fonctionne « à peu près »…
ce qui veut dire en clair que çà n’est pas chaque année que nous sommes livrés du calibre exact commandé… La production Bio de plant, technique et exigente, n’arrive pas encore toujours à faire face à la demande Bio. Et comme la commande est passée au poids…
- quand le calibre livré est supérieur à celui commandé, nous manquons de plants
- quand le calibre livré est plus petit que celui commandé, nous avons trop de plants
Alors, « c’est compliqué »… comme on dit quand on est moderne et qu’on est poli… On fait avec ce qu’on a eu…
Quelques semaines avant chaque plantation, nous mettons les plants concernés à germer en clayette dans un local tempéré, et bien éclairé de soleil. Le but est d’obtenir des « bourgeons »
- suffisamment développés,
- bien trapus.
Planteuse à godets
Nous avons très longtemps planté les pommes de terre grâce à notre vieille « planteuse bleue », achetée d’occasion – dans les années 1980 – par les Biaux Jardiniers Canal Historique. Cette planteuse avait donc fait une première carrière chez l’acheteur neuf, dans le Sud-Ouest où nous sommes allés la chercher. Et elle a aussi servi durant les 10 premières années d’installation de Matthieu.
Un modèle équipé de distribution par chaine à godets
Cette machine bien adaptée à notre ferme maraîchère diversifiée à taille humaine n’aura eu qu’un coût quasi symbolique pour plusieurs décades de travail efficace !
Notre article illustré sur nos planteuse bleues « super préfer » est à lire ICI.
Binages buttages
Lors de la plantation, les réglages possibles
- du soc, qui ouvre le sillon,
- et/ou des buttoirs, disques ou rasettes, qui rabattent la terre,
nous permettent de créer des buttes dont on fera redescendre la terre sur le rang de plantation lui-même, ce qui participe grandement à la lutte contre les jeunes adventices.

Herse étrille
Le premier outil contre les adventices qu’on utilise dans les carrés de pomme de terre, c’est la herse étrille. Pour des passages
- « en plein », c’est à dire que les dents binent toute la surface de la planche, rangs comme entre-rang, et
- « en pré-levée », c’est à dire que les germes sont encore couverts de terre et qu’aucune feuille n’apparait en surface
pour détruire les plantules d’adventices en cours de germination.

Tout ceci bien sûr si la météo n’a pas rendu le travail impossible.

Particulièrement en année où la météo est « tendue », cela impose de bien identifier à quel stade « exact » en est la levée des pommes de terre pour régler l’agressivité des dents d’étrille, leur profondeur d’action de façon à ne détruire que des adventices en cours de levée, pas de pomme de terre ! Le travail consiste donc à
- arpenter les carrés pour constater où en est, sous terre, la levée,

- arpenter les carrés pour chercher les plants sortis (qu’on reconnait facilement, avec leurs feuilles foncées tendant quasi sur le violet)

pour estimer leur solidité, de façon à régler au plus supportable la tension et l’angle de travail des dents souples de la herse.
L’objectif : une main de fer (contre les herbes) dans un gant de velours (pour les pommes de terre), en quelque sorte…

Après un premier passage, on vérifie que c’est efficace contre les herbes indésirables, et respectueux de la très jeune culture.

Et ensuite, et bin, on continue !

Et après, les pommes de terre poussent, et sont bien visibles, mais les adventices aussi ! Alors… on recommence, avec possiblement un réglage un peu plus agressif de la tension de travail des dents quand les premières tiges et feuilles deviennent assez solides.

Parfois, pour cause de météo, un des passages de herse étrille n’a pas pu être réalisé, pourtant ça aurait vraiment fait du bien de casser les adventices qui avaient résisté…

…alors le Biau Jardinier butte la culture.

Avec l’incontournable BPO, la barre porte outils auto-constructible – équipée de son buttoir central, et des deux disques latéraux

précédés par l’action des dents souples

Çà le fait.

Selon les obstacles météo et les températures

on renouvèle les travaux d’entretien tous les environ 10 / 15 jours.

Après les passages de herse étrille seule, on commence les
buttages systématiques

en alternance avec l’étrille.

Dans tous les cas, nous essayons de multiplier les passage de cet outil qui travaille absolument toute la surface : rangs comme entre rangs, allée, etc… de façon très souple tant que c’est possible en alternant avec les buttages.

Et quand un carré de pomme de terre – sans adventice malgré l’adversité météo – pose tout sourire devant une des belles haies bocagères diversifiées plantées de nos blanches mains au début de ce millénaire – face aux dérives du voisinage syndiqué – c’est bien… chouette !

L’objectif étant d’avoir une culture assez propre pour ne pas être envahis d’adventices ensuite, puisque arrive le moment où il n’est plus possible de biner ou butter sous peine d’abîmer la potentielle récolte. Et les années difficiles côté météo estivale, c’est pas la réussite de ce côté là 🙁 … Mais assurer une première partie de culture bien binée assure quand même une grosse part de la récolte 🙂 !
Contre le froid
au printemps, les Biaux Jardiniers utilisent des voiles thermiques les années où la météo nous annonce des risques de gel. Voire pour faciliter le réchauffement de la terre en cas de printemps froid prolongé.

Contre la sècheresse
et lors des périodes de végétation critique, les Biaux Jardiniers arrosent la culture. Parce que oui : contre la maltraitance végétale, un arrosage économe, c’est possible !
Récolte
Pour la récolte des pommes de terre au stade mature, nous utilisons l’arracheuse Baertschi, matériel suisse acheté d’occasion dans les années 1990. Et toujours au boulot !

Cette machine soulève les pommes de terre, elles sont séparées des mottes de terre par le passage dans les paniers secoueurs. Et l’outil les laisse retomber en surface,

ce qui signifie que les Biaux Jardiniers les reprennent une à une à la main,

pour les mettre en cagettes

qui seront versées dans les palox de stockage.

On les transporte avec le plus que trentenaire mât lève-palette.évidemment bien sûr monté sur un triangle d’attelage rapide, gage de gain de temps, confort, ergonomie, etc…

La récolte est rentrée au bâtiment bioclimatique pour conservation au frais durant tout l’hiver, plus ou moins longue selon les variétés.
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