Un peu d’archéologie…

Les Biaux Jardiniers ont, dans leur panoplie de matériel, quelques planteuses bleues. « Évidemment ! » pourrait on dire… parce que jusqu’aux années 1980, nombreux étaient les agriculteurs-éleveurs à produire
- soit du tabac, sous contrôle très suivi de l’état
- soit de la betterave fourragère, pour l’alimentation hivernale de leur troupeau
- soit ce que l’on appelait du « gros légume » (pomme de terre, poireau, chou…)
pour diversifier leurs productions de vente, directe ou non, et beaucoup de ces planteuses ont terminé leur première carrière sur le marché de l’occasion, et ont ainsi pu y rencontrer parfois les Biaux Jardiniers (et vice-versa) !
Ribouleau
Dans les Deux-Sèvres, et dès les années d’après guerre, l’entreprise Ribouleau a mis au point une planteuse
- déclinée en différentes versions selon les types de cultures, y compris un modèle M (maraîcher)
- accompagnée d’une gamme d’éléments planteurs étoffée au fil du temps pour répondre à l’évolution des techniques et des demandes : plants d’abord en arrachis puis en mottes cubiques pressées, tubercules de pomme de terre bruts puis germés, etc…

D’abord baptisées « La Préférée », ces planteuses ont été rapidement produites sous le nom de Super Préfer. Elles ont été largement diffusés dans les années 1950 / 1970 époque où des paysans étaient nombreux à pratiquer la polyculture-élevage en se diversifiant… et souhaitaient économiser leurs peines.

Puis, au fur et à mesure de la disparition de la culture à petite échelle du tabac, des betteraves fourragères puis de celle des légumes de plein champ chez des agriculteurs non spécialisés, puis de ces petites fermes « polyvalentes » elles-mêmes, reprises par l’agrandissement du voisinage avec une rotation de plus en plus simplifiée, ces outils ont perdu leur utilité et leur fabrication a cessé dans la fin du millénaire précédent.

À partir des années 1980, les Biaux Jardiniers Canal Historique ont donc eu la possibilité d’acheter ces matériels, plus ou moins largement équipés et/ou modifiés de deux modèles différents,
entraînement pas roue tasseuse (arrière)

entraînement par roue porteuse (avant)

ainsi que les
distributeurs
de plants dotés des différentes pinces adaptées à nos besoins.

Les origines sont diverses : Sud Ouest, Nord comme Sud de la vallée du Rhône, et même localement. Les distributeurs à 36 pinces pour la plantation du poireau, c’est le vieux pote Yvon qui était aller les inspecter dans son voisinage de Nîmes avant que l’on descende les y chercher… et passer quelques jours avec lui.

Ainsi, la ferme a été progressivement équipée, avec très peu de frais, pour la plantation de toute une série de légumes sous diverses formes de plants.
Avec les distributeurs à pinces adéquates, on repiquait les plants en mottes cubiques pressées issus de notre ami Vincent, pépiniériste 100% Bio comme le chou


ou le céleri-rave,

mais aussi nos plants auto-produits en plaques alvéolées comme le maïs, doux ou pop-corn, avec des disques équipés d’un autre type de distributeur à pinces,

le poireau avec le distributeur 36 pinces,

et bien sûr, les
chaînes à godets

pour mettre en place avec toute la douceur requise les pommes de terre sous forme de plants germés.

Les divers réglages de la densité sur le rang permettent de faire face aux différentes situations que l’on peut rencontrer selon la saison, les variétés et leur calibre. Et le travail est assez confortable.

Les réglages possibles du soc qui ouvre le sillon, comme des rasettes qui rabattent la terre, permettent de créer, lors de la plantation, de mini-buttes de terre que l’on fait redescendre sur le rang avec la herse étrille, en prélevée et lors des tout premiers binages, ce qui participe à la lutte contre les jeunes adventices en développement.

Malgré toutes ces années d’usage, c’est un matériel qui restait bien adapté à notre ferme maraîchère diversifiée à taille humaine.
Et la suite…
Mais après
- une carrière chez leur premier propriétaire
- puis une carrière chez les Biaux Jardiniers Canal Historique
donc plus de deux longues générations professionnelles de bons et loyaux services, ces planteuses commencent à fatiguer un peu. Les pièces spécifiques deviennent (un peu) moins nombreuses dans notre stock de vieilleries. 20 ans après l’arrêt de la fabrication, elles sont difficiles à trouver dans le commerce spécialisé, du moins à tarif non spéculatif !
De plus, sont arrivés sur le marché de l’occasion comme du neuf, des outils plus confortables et aux réglages facilités. Que le Biau jardinier a choisi d’acheter quand les circonstances étaient favorables :
- avec une subvention de la Région BFC une planteuse à pinces en 2 rangs pour principalement poireau, chou, céleri-rave, etc… « la planteuse rouge »
- d’occasion à bas prix – et en partage avec un collègue – une mono-rang à bêches pour courges et pastèques : « la ferrari »
Les PdT
Et c’est pour la plantation des pommes de terre avec les chaines à godets qu’une Préfer est restée le plus longtemps en activité.

Elle est remplacée par une machine récente et d’occasion en 2026.
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Notre série « À la mode de chez nous » actuellement 5 saisons disponibles en replay !
- Plantation manuelle : rouleaux et plantoirs
- Les Préfer, nos planteuses bleues
- La planteuse rouge « à pinces »
- On plante les courges en Ferrari
- La dérouleuse, une vraie bonne ID
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